le dilettante
Blog consacré à la littérature, à la musique (rock,jazz,blues,world,chanson française...), à l'actualité, au cinéma et à tous les arts en général.
lundi 22 août 2022
SkyDive SPA - Boris 21-08-2022
jeudi 23 décembre 2021
Projet écriture 1 (titre provisoire : … )
Bruxelles, A la mort subite, janvier 2016
Photo anonyme, en errance sur le Net
Prologue
Je sais que vous tenez maintenant mon manuscrit en mains. Devant vos
yeux de lecteur attitré. Je ne citerai pas encore la maison d’édition, par
précaution. Je dois d’abord vous mettre en demeure. En demeure de me lire,
c’est votre job.
Je ne sais pas si vous apprécierez ce que j’écris, mais là n’est pas la
question.
Vous ne me survivrez pas si vous ne vous mettez pas à la tâche.
Alors, pourquoi pas ? Je commence par le récit de notre rencontre.
Au bistrot A la Mort subite, dans le centre de
Bruxelles. Un après-midi de décembre. Je ne me souviens pas de l’année exacte,
mais c’était avant…
L’après-midi, en, semaine, en-dehors des vacances, La Mort Subite, c’est
calme, quelques clients attablés de-ci delà dans la longue enfilade du café,
pas de musique, l’impression d’avoir pieds dans une autre époque, compassée,
intemporelle. Des murmures filtrés se diluent dans un silence que
semblent nourrir les deux garçons accoudés au comptoir. Les murs affichent
toujours d’antiques photos, délavées, qui témoignent d’un passé plutôt
fantomatique.
Dehors, la rue, pourtant proche du centre, n’est guère animée. Pas de
neige, mais un fluide glacial, bruineux, qui s’insinue dans les moindres
recoins et vous fait croire que le ciel gris apporte la rédemption… J’aime ce
Bruxelles délétère, maître du jeu, cette ville qui, depuis longtemps, a inhibé
mon âme et mon corps.
Je me suis installé près de la fenêtre, à droite en entrant. Une table
où, jadis, … mais c’est une autre histoire. Maintenant, je sais que vous
n’allez pas tarder. Vous faites partie de ces gens qui respectent au dixième de
seconde leurs rendez-vous, parce que vous aimez être irréprochable. Je sais
aussi que ce n’est pas par conviction que vous allez me rencontrer – des
manuscrits, vous en lisez des mille et des cents chaque semaine -, mais je
crois par un effet d’inéluctabilité !
Mon chapeau, un Wesley de chez Brixton, trône à quelques centimètres de
la chemise qui enserre mon manuscrit, et déjà, une gueuze m’a été apportée par
l’un des garçons, en gilet noir et tablier blanc. Le style, car il faut du
style. Surtout avec moi.
A l’heure dite, vous entrez. Vous ne correspondez pas tout à fait à ce
que j’avais espéré, ou craint
Photo Charles le Brusseler
Vous êtes entré dans la salle. Impossible de ne pas vous reconnaître. On
reconnaît toujours les personnes insignifiantes dans la réalité, comme
les personnages secondaires dans d’autres contextes … Plutôt mince,
la quarantaine, le crâne en partie dégarni, un visage passe-partout, un costume
noir, séant mais anonyme, urbain, définissant une personnalité diaphane. Pour
donner le change, tes chaussures ! Elles, elles dénotent, attirent un
instant le regard. Sans doute des Magnanni Derbies ? Couleur cognac, et je
crois de pointure… exagérée.
Je n’oublie pas le petit attaché-case plus ou moins de la même teinte,
religieusement coincé sous le bras droit. Vous êtes celui à qui j’ai donné
rendez-vous dans ce vieux café de la capitale, celui à qui peut-être je
remettrai dans quelques instants un manuscrit, à même posé sur la table à côté
de mon chapeau. Peut-être.
Je pensais à ce moment au premier chapitre du Pendu de Saint-Pholien,
quand le commissaire Maigret, lui aussi, se retrouve dans ce bistrot quasi
désert. « Et il avait pénétré, en simple curieux, dans un petit café
de la Montagne aux Herbes Potagères. » Je ne suis pas un simple curieux,
j’aime les lieux qui laissent des marques, se perpétuent. Je l’ai écrit et vous
allez peut-être sous peu découvrir mes véritables intentions. Si vous
m’écoutez, si vous lisez entre les lignes.
Un bref petit signe de la main et vous vous attablez en face de moi.
Des phrases de simple civilité s’échangent, je déteste reproduire ces
ridicules entrées en matière. Je vais à l’essentiel. Vous commandez un café, le
garçon s’exécute.
Photos ci-dessous : Farewell (sur Google+)
Et, au moment où deux petites tasses fumantes atterrissent sur notre
table, je vous tends un billet, manuscrit, comme une carte de visite, comme une
façon d’afficher ce que je suis, ou veux être…
1Photo WEB https://wallhere.com/fr/wallpaper/832969
« La
ruelle est sombre. La pluie s’accroche aux pavés, sirupeuse. Le temps délaisse
cette part de la ville. Je cherche le halo de lumière d’un réverbère chimérique,
je sais qu’on me guette dans l’ombre, mais je ne résiste pas à la griffe qui
s’insinue dans ma tête. J’ai toujours connu les façades de briques éteintes,
les portes de bois bleuies, les fenêtres dépolies, tissées de toiles comme les
dentelles d’une vieille arachnéenne. Toujours connu les flaques croupies, d’une
eau qui s’obstine à demeurer. Toujours cherché à en boîter les filles
nocturnes, au revers de quelques tavernes aux néons perclus. La ruelle est mon
antre, l’infini de ma nuit synchro. Elle me cause dans l’oreille, me susurre le
crépitement de tes baisers. C’est une ruelle d’un bruxelles hypothétique, d’un
bruxelles crapuleux et triste, d’un bruxelles qu’ouvragent les doigts d’un
artiste sombre. Et la bière sûre finalise le dessin de mes lèvres, je la
crache entre mes dents vers toi qui flirtes avec brel et ses sueurs de scène.
Je marche sur le grès laminé de ces pavés mal ajustés, sur la peau citadine et
grave, sur la mousse cannibale et le sang coagulé d’un meurtre qu’ils n’ont pas
élucidé.
La ruelle est sombre. La pluie fait le décor, je
l’aime inépuisable dans mes cheveux rares, je la bois jusqu’à la lie de tes
lacis de chair aimante. »
Je scrute son regard : que
va-t-il déduire de ce bristol ?
Il reste énigmatique. Nous
sirotons nos expressos.
Chapitre 1
Je
sais qu’il m’attend, ce matin comme tous les matins. Mon antre, dans la
pénombre qu’un soleil naissant n’atteint pas encore par les fenêtres. Mon
refuge pour écrire, élaborer des scénarios, des scènes qui plaisent à mon envie
de voir la ville s’entrecouper de rires et de pleurs.
Je prends le
temps. J’essaie d’entrevoir mon passé, et je reste indécis. Vais-je dire la
vérité, si je la retrouve, ou l’élaborer dans mes angoisses d’aujourd’hui ?
lundi 15 février 2021
Mon kaléidoscope
Superbes lumières venant du fond des âges
Bien avant que les êtres de cette planète masquent leurs
visages
Leurs bouches
Emmitouflent leurs gestes
S’écartent les uns des autres
Avec des regards aveugles
Superbes joies des yeux brillants
Des doigts dessinant l’infini
Des embrassades qui rendent beaux
Le contour des visages
Le port d’attache de nos lèvres
Et la pression de nos peaux
Sur l’azur de nos corps
Il y avait là-bas
Des silhouettes s’agitant
Au gré d’horizons bleus
Des complicités dans la verdure des parcs
De gentilles bousculades
Lorsque les guitares
Sanglotaient d’une musique
Plus fluide encore
Que le son du vent
Il y avait là-bas
Une vie palpitante
Douce-amère
Éternelle semble-t-il
Superbes éclats dans le paravent
De ton regard
Superbes cris d’amour
Dans le frémissement
D’un long jour d’abandon
Nous naviguions sans le savoir
Passagers d’un cargo de volupté
Palpions l’air comme une brume
Renaissant sans cesse
Oubliant les ports de la côte
Pour des ilots de fortune
Nous aimions le large
Nous étions l’humanité solaire
Reculions les frontières
Qui nous divisaient
Jouissions d’une fugue
Dans l’inconscience
De nos âmes et l’irrespect
De nos tabous
Superbes jumeaux
De cette houle
Aux ressacs de feu et de braise
J’ai vu couler
Sur le marbre d’un caillou
Une goutte d’ombre
Elle avait la saveur
D’un jour nouveau
GilRay
Février 2021
lundi 4 janvier 2021
Shining
Dans ma tête c’était confus
Ces vieilles voies d’acier
Cannibalisées par une végétation folle
Où me conduisaient-elles
Vers des quais de gares qu’oublie
Le temps qu’oublie peut-être
L’ordre de mes pas
Des rails percent mon crâne
Se figent sur des présences
Que je tente de saisir
Derrière la vitre de l’abri
Un monde infini se profile
Coagulé
Immanquablement elles vont surgir
Issues de la glaise diaphane
D’un peuple au pouvoir mythique
Femmes de l’étrange
Dans ma tête résonne l’appel
Une brillance sourde
Comme un fluide mental
Elles se précisent masquées
Complices et intrigantes
Regards au-delà du fil ténu
De la voyance
L’embarcadère s’habille de noir
Non cet envoûtement doit avoir un sens
Mes pensées s’encordent à des restes de raison
Ces visages possessifs n’ont d’autre but
Que divulguer mes réticences
La paralysie qui me gagne
Partout aux alentours se répand le chuchotement
A travers la vitre que crient-elles
De quoi de qui ont-elles peur
De quoi de qui veulent-elles se moquer
Suis-je le pantin la figurine du pire
Le pierrot démembré de ces venises du nord
Ou l’ombre qui bénit et sanctifie
Déjà s’évaporent leurs corps
Jumelles du bout des quais
Attisées par le métal rude et rutilant
De voies désertes
Langoureuses lames de métal
Epées de sueur ferroviaire
Je n’ai plus l’espoir
Elles se fondent inexorables
Se diluent dans une nuit
Au large de l’oubli
Gardent leur mystère
Ne m’ont rien murmuré dans l’oreille
Ont dépeuplé mon cerveau
Et laissé la mélancolie
Une brisure dans l’espace et le temps
Une gare terminus dans l’obscur
Là où s’épanouit l’interminable
mardi 29 décembre 2020
jeudi 15 octobre 2020
Petite femme ronde
On t’ignore
Petite femme ronde
On t’ignore
Pourquoi
On t’ignore
Pas aux normes de ces mecs
Qui oublient de se regarder
Mais t’as tant d’amour en toi
Petite femme ronde et belle
Tu me donnes parfois
Les gestes de ton corps
Les oubliettes de ton regard
Et je sais que je suis un veinard
Lové dans un rêve
Qui te ressemble
Aux normes les tiennes
Pas petite grande femme ronde
Et puis pas ronde
Femme
Tout simplement
On t’ignore
Pas moi
mardi 1 septembre 2020
poetry for women
Post face de la vie
Relire les pages lues
L’immense désert qui t’a conduit ici
Dune après dune
Ce sable froid glissant dans tes paumes
As-tu vu ces êtres émergeant
De l’étendue
Femmes de l’absolu
Elles s’offrent à d’autres destins
Le tien ne tient pas la route
Femmes de ces continents
De l’envie des corps à l’abandon
Elles n’ont que faire
De ton regard de tes mains tendues
Que faire d’une ombre
Dans le soir qui se voudrait chaud
Et se ridiculise
Relire les pages lues
Tracer à nouveau des pas
Et savoir qu’ils s’effaceront
Lorsque tu balbutieras
A l’envi des mots éculés
Rouges démentiels
Les derniers sans doute




















