lundi 15 février 2021

 Mon kaléidoscope




Superbes lumières venant du fond des âges

Bien avant que les êtres de cette planète masquent leurs visages

Leurs bouches

Emmitouflent leurs gestes

S’écartent les uns des autres

Avec des regards aveugles

 

Superbes joies des yeux brillants

Des doigts dessinant l’infini

Des embrassades qui rendent beaux

Le contour des visages

Le port d’attache de nos lèvres

Et la pression de nos peaux

Sur l’azur de nos corps

 

Il y avait là-bas

Des silhouettes s’agitant

Au gré d’horizons bleus

Des complicités dans la verdure des parcs

De gentilles bousculades

Lorsque les guitares

Sanglotaient d’une musique

Plus fluide encore

Que le son du vent

Il y avait là-bas

Une vie palpitante

Douce-amère

Éternelle semble-t-il

 

Superbes éclats dans le paravent

De ton regard

Superbes cris d’amour

Dans le frémissement

D’un long jour d’abandon

 

Nous naviguions sans le savoir

Passagers d’un cargo de volupté

Palpions l’air comme une brume

Renaissant sans cesse

Oubliant les ports de la côte

Pour des ilots de fortune

Nous aimions le large

 

Nous étions l’humanité solaire

Reculions les frontières

Qui nous divisaient

Jouissions d’une fugue

Dans l’inconscience

De nos âmes et l’irrespect

De nos tabous

Superbes jumeaux

De cette houle

Aux ressacs de feu et de braise

 

J’ai vu couler

Sur le marbre d’un caillou

Une goutte d’ombre

Elle avait la saveur

D’un jour nouveau


GilRay

Février 2021






lundi 4 janvier 2021

 Shining





Dans ma tête c’était confus

Ces vieilles voies d’acier

Cannibalisées par une végétation folle

Où me conduisaient-elles

Vers des quais de gares qu’oublie

Le temps qu’oublie peut-être

L’ordre de mes pas

Des rails percent mon crâne

Se figent sur des présences

Que je tente de saisir



 


Derrière la vitre de l’abri

Un monde infini se profile

Coagulé

Immanquablement elles vont surgir

Issues de la glaise diaphane

D’un peuple au pouvoir mythique

Femmes de l’étrange



 





Dans ma tête résonne l’appel

Une brillance sourde

Comme un fluide mental



 


Elles se précisent masquées

Complices et intrigantes

Regards au-delà du fil ténu

De la voyance

L’embarcadère s’habille de noir

 


 

Non cet envoûtement doit avoir un sens

Mes pensées s’encordent à des restes de raison

Ces visages possessifs n’ont d’autre but

Que divulguer mes réticences

La paralysie qui me gagne

Partout aux alentours se répand le chuchotement




 


A travers la vitre que crient-elles

De quoi de qui ont-elles peur

De quoi de qui veulent-elles se moquer

Suis-je le pantin la figurine du pire

Le pierrot démembré de ces venises du nord

Ou l’ombre qui bénit et sanctifie




 


Déjà s’évaporent leurs corps

Jumelles du bout des quais

Attisées par le métal rude et rutilant

De voies désertes

Langoureuses lames de métal

Epées de sueur ferroviaire



 


Je n’ai plus l’espoir

Elles se fondent inexorables

Se diluent dans une nuit

Au large de l’oubli

Gardent leur mystère

Ne m’ont rien murmuré dans l’oreille

Ont dépeuplé mon cerveau

Et laissé la mélancolie




Envahir mes doigts cherchant une épopée

Une brisure dans l’espace et le temps

Une gare terminus dans l’obscur

Là où s’épanouit l’interminable




 


 

 

 

 




mardi 29 décembre 2020

Photo-montage
Fiction ferroviaire









Gare de Mazy et voie désaffectée de Gembloux, Belgique, décembre 2020


 

jeudi 15 octobre 2020

 Petite femme ronde


On t’ignore

Petite femme ronde

On t’ignore

Pourquoi

On t’ignore

Pas aux normes de ces mecs

Qui oublient de se regarder

Mais t’as tant d’amour en toi

Petite femme ronde et belle

Tu me donnes parfois

Les gestes de ton corps

Les oubliettes de ton regard

Et je sais que je suis un veinard

Lové dans un rêve

Qui te ressemble

Aux normes les tiennes

Pas petite grande femme ronde

Et puis pas ronde

Femme

Tout simplement

On t’ignore

Pas moi

 

 


mardi 1 septembre 2020

 


poetry for women

 

 

Post face de la vie

Relire les pages lues

L’immense désert qui t’a conduit ici

Dune après dune

Ce sable froid glissant dans tes paumes

As-tu vu ces êtres émergeant

De l’étendue

Femmes de l’absolu

Elles s’offrent à d’autres destins

Le tien ne tient pas la route

Femmes de ces continents

De l’envie des corps à l’abandon

Elles n’ont que faire

De ton regard de tes mains tendues

Que faire d’une ombre

Dans le soir qui se voudrait chaud

Et se ridiculise

Relire les pages lues

Tracer à nouveau des pas

Et savoir qu’ils s’effaceront

Lorsque tu balbutieras

A l’envi des mots éculés

Rouges démentiels

Les derniers sans doute

 

lundi 10 août 2020

 Mascarade






Moine masqué tu marches

Dans la ville du patriarche

Yeux fixés sur tes pompes

Au fil des pas

T’as plus d’horizon à la longue

Rêves solidaires des pavés

Que d’autres ont foulés

Quand c’était vénitien

Aux jupons des canaux

Fantasmes colorés sous les cils

Lueurs nocturnes des fanaux

Quand c’était vénitien

Ton carnaval fou

Le satin noir de ton loup

Griffé sur tes joues

Aventurier un peu corto maltese

Tu marches

Dans la ville du patriarche

Tu laisses couler ton sang

Aux commissures de tes lèvres

Avec cette fièvre

Qui les embellit

Ta colombine boit ta bouche

Sous la collerette

Elle aime les causes perdues

Moine masqué tu marches

Dans la ville du patriarche

N’enfile pas ton costume constellé

Pauvre mec désarticulé

Joue doigts collés à ton violon

Les airs félons

De ta ville déserte

Joue ta mascarade

People en rade

En face ils t’épargneront

Feront des ronds

Et ton fard fondera

Sous la lune

Lune de l’infortune

Black night

Camarade de l’artillerie

Des armes lourdes

Qui te rendent invincible

Tenant ta bible

Urbaine et douce

Comme un pierrot un suppôt

De l’extrême onction

Moine masqué tu marches

Dans la ville du patriarche


lundi 21 mai 2018


Résultat de recherche d'images pour "Janis Joplin"Polymorphic (Janis)



J’aime le rock un peu bricolé
Tu sais quand l’eau de ta sueur
Coule de tes cheveux gras
Un peu trop longs disent-ils
J’aime le rock qui tangue
Le rafiot des sons
Les guitares autarciques
Et tes doigts qui hésitent
Sur les cordes métalliques
J’aime le rock rauque
La voix qui dérape
Et nous fait l’effet de l’infini
Le trip neurones et tripes
J’aime le rock avec toi
Ma mie des étoiles
Voulue un soir
Aimée et cassée à l’aube
J’aime le rock en roues libres
Dans l’encens des salles
Où les corps s’usent
Et se cherchent
Une cause une lutte une série de rots
Rythmés comme des déjections
D’espoir de brume et d’oubli
J’aime le rock qui m’époumone
La tête qui me thérapeute
Et se bat dans les gestes
inutiles

GilRay
https://youtu.be/E-irXmqIzGA