lundi 4 janvier 2021

 Shining





Dans ma tête c’était confus

Ces vieilles voies d’acier

Cannibalisées par une végétation folle

Où me conduisaient-elles

Vers des quais de gares qu’oublie

Le temps qu’oublie peut-être

L’ordre de mes pas

Des rails percent mon crâne

Se figent sur des présences

Que je tente de saisir



 


Derrière la vitre de l’abri

Un monde infini se profile

Coagulé

Immanquablement elles vont surgir

Issues de la glaise diaphane

D’un peuple au pouvoir mythique

Femmes de l’étrange



 





Dans ma tête résonne l’appel

Une brillance sourde

Comme un fluide mental



 


Elles se précisent masquées

Complices et intrigantes

Regards au-delà du fil ténu

De la voyance

L’embarcadère s’habille de noir

 


 

Non cet envoûtement doit avoir un sens

Mes pensées s’encordent à des restes de raison

Ces visages possessifs n’ont d’autre but

Que divulguer mes réticences

La paralysie qui me gagne

Partout aux alentours se répand le chuchotement




 


A travers la vitre que crient-elles

De quoi de qui ont-elles peur

De quoi de qui veulent-elles se moquer

Suis-je le pantin la figurine du pire

Le pierrot démembré de ces venises du nord

Ou l’ombre qui bénit et sanctifie




 


Déjà s’évaporent leurs corps

Jumelles du bout des quais

Attisées par le métal rude et rutilant

De voies désertes

Langoureuses lames de métal

Epées de sueur ferroviaire



 


Je n’ai plus l’espoir

Elles se fondent inexorables

Se diluent dans une nuit

Au large de l’oubli

Gardent leur mystère

Ne m’ont rien murmuré dans l’oreille

Ont dépeuplé mon cerveau

Et laissé la mélancolie




Envahir mes doigts cherchant une épopée

Une brisure dans l’espace et le temps

Une gare terminus dans l’obscur

Là où s’épanouit l’interminable




 


 

 

 

 




1 commentaire:

gootchai a dit…

Bravoooo Raymond pour ce superbe texte qui accompagne très bien tes belles photos !!