Shining
Dans ma tête c’était confus
Ces vieilles voies d’acier
Cannibalisées par une végétation folle
Où me conduisaient-elles
Vers des quais de gares qu’oublie
Le temps qu’oublie peut-être
L’ordre de mes pas
Des rails percent mon crâne
Se figent sur des présences
Que je tente de saisir
Derrière la vitre de l’abri
Un monde infini se profile
Coagulé
Immanquablement elles vont surgir
Issues de la glaise diaphane
D’un peuple au pouvoir mythique
Femmes de l’étrange
Dans ma tête résonne l’appel
Une brillance sourde
Comme un fluide mental
Elles se précisent masquées
Complices et intrigantes
Regards au-delà du fil ténu
De la voyance
L’embarcadère s’habille de noir
Non cet envoûtement doit avoir un sens
Mes pensées s’encordent à des restes de raison
Ces visages possessifs n’ont d’autre but
Que divulguer mes réticences
La paralysie qui me gagne
Partout aux alentours se répand le chuchotement
A travers la vitre que crient-elles
De quoi de qui ont-elles peur
De quoi de qui veulent-elles se moquer
Suis-je le pantin la figurine du pire
Le pierrot démembré de ces venises du nord
Ou l’ombre qui bénit et sanctifie
Déjà s’évaporent leurs corps
Jumelles du bout des quais
Attisées par le métal rude et rutilant
De voies désertes
Langoureuses lames de métal
Epées de sueur ferroviaire
Je n’ai plus l’espoir
Elles se fondent inexorables
Se diluent dans une nuit
Au large de l’oubli
Gardent leur mystère
Ne m’ont rien murmuré dans l’oreille
Ont dépeuplé mon cerveau
Et laissé la mélancolie
Une brisure dans l’espace et le temps
Une gare terminus dans l’obscur
Là où s’épanouit l’interminable










1 commentaire:
Bravoooo Raymond pour ce superbe texte qui accompagne très bien tes belles photos !!
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